Une association plaide pour que l'art de vivre dans les bistrots et cafés de France soit inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. La décision doit être rendue d'ici la fin mars.
L'art de vivre dans les bistrots français pourrait-il bientôt rejoindre le patrimoine culturel immatériel de l'Unesco? C'est le souhait de l'Association pour la reconnaissance de cet art de vivre. Le ministère de la Culture rendra son verdict d'ici la fin du mois de mars.
"Il ne s'agit pas simplement du lieu, mais de l'art de vivre qui s'articule autour des comptoirs", souligne Alain Fontaine, l'un des promoteurs de cette initiative. Un projet similaire avait été refusé en 2019, car il ne prenait en compte que les bistrots parisiens. Cette fois-ci, le dossier englobe également la commensalité, soit l'acte de partager un repas dans les cafés de France, bien que cette culture ait été éprouvée récemment à cause de la crise sanitaire.
Les bistrots : le cœur de la vie sociale
"La volonté de partage autour d’un comptoir est une exception française", explique Alain Fontaine, qui tient un bistrot dans le IIe arrondissement de Paris. "Ce mode de vie dans nos cafés et bistrots repose sur des rites, un langage particulier, des codes d'interaction : interpeller le serveur, engager la conversation avec son voisin, passer commande, et même râler contre la météo ou la politique...". Selon l’association, "la tradition des cafés et bistrots représente un patrimoine immatériel riche de liberté et de partage. Ces lieux sont des témoins du temps."
"Quand un bistrot disparaît dans un village, c'est l'âme même de ce village qui s'efface", affirme Alain Fontaine dans une vidéo destinée au Président de la République. Dans les quartiers urbains, ce sont des lieux d'ancrage social, propices aux rencontres amicales et amoureuses. Si ce projet aboutit, l'art de vivre dans les bistrots français s'ajoutera à la liste des trésors immatériels de l'Unesco, aux côtés du "repas gastronomique des Français" et de la "fête du citron de Menton".







