Remplir son plan de travail de fines herbes, de jeunes pousses de salades et de mini-légumes est la nouvelle tendance qui s’ancre dans les cuisines urbaines. Décryptage de ce phénomène encore en pleine expansion.
"Cet automne, je prévois de cultiver de l'origan, dont je n'ai jamais goûté la fraîcheur, et de la mélisse pour mes infusions", confie Chiara, une jeune responsable de communication vivant à Paris. À Noël dernier, elle a reçu un Lilo, ce "mini-potager d'intérieur" constitué de trois bacs à eau sur lesquels flottent des récipients pour les graines. Des LEDs éclairent le tout, créant un espace à la fois fonctionnel et esthétique. En quelques semaines, Chiara a pu récolter du basilic pourpre, de la menthe et du romarin. Après trois mois, elle a passé une commande de nouvelles graines, confirmant que même si ce n'est pas essentiel, c'est un vrai plaisir au quotidien, un moment complice avec ses plantes. Selon Éric Birlouez, expert en sociologie et histoire de l'alimentation, vouloir cultiver est une réponse à la nature à laquelle aspire une majorité des citadins français.
Innovations et opportunités en jardinage intérieur
Les géants du mobilier et de la technologie sont à l'affût des tendances en jardinage intérieur, et Ikea est en tête de liste. L'enseigne suédoise propose plusieurs solutions, allant de simples bacs éclairés à des armoires potagères encastrables, jusqu'aux systèmes d'aquaponie intégrés. Ces solutions variées vont de l'aquarium à 80 € à des armoires sophistiquées et coûtant près de 3500 €. Cela permet à chacun de créer son jardin d’intérieur, quel que soit son budget ou son espace disponible.
L'attrait des variétés biologiques
L'utilisation d'une armoire réfrigérée dédiée, testée par le chef François Pasteau, a permis d'apporter une touche d'ultra-local dans les cuisines professionnelles. Sa pratique a éveillé la curiosité de clients, tout en illustrant la durabilité et l'efficacité d'un tel système comparé à l'importation de produits frais. Emmanuelle Ferla, spécialiste des armoires potagères, souligne que ces techniques sont particulièrement prisées dans les écoles, incitant les enfants à découvrir de nouvelles saveurs en voyant leurs cultures fleurir. À une époque où 85 % de notre alimentation est transformée, cultiver ses propres denrées permet de maîtriser sa consommation. Comme le souligne Birlouez, même si la technologie facilite ces développements, le jardinage traditionnel fait son retour, motivé par des choix conscientes comme le partage des semences biologiques et paysannes. Ainsi, la tendance se dessine autour de l'ultra-local, impliquant de plus en plus de citadins dans la culture de leur propre nourriture.







