Après avoir séduit plusieurs milliers d’abonnés avec ses recettes qui ont rythmé le premier confinement, Alice Moireau sort son premier livre de cuisine. Une consécration pour cette passionnée dont le parcours prend parfois des allures de destinée.
Âgée de 25 ans, Alice Moireau vit à Belleville, mais ses racines sont à Olivet, où elle a grandi dans une ancienne guinguette du XXe siècle. Cette maison, bordée par la paisible rivière du Loiret, a vu ses parents, artistes peintres, tomber amoureux de la lumière et de la poésie. Son père, aquarelliste, et sa mère, passionnée par les arts de la table, ont cultivé l'amour des belles choses, transformant des objets du quotidien en œuvres d’art. Une bouilloire, une théière ou un bouquet de fleurs peuvent se retrouver sur ses toiles, rendant hommage à leur vie de famille autour de la grande table en bois de leur salle à manger.
Le lien d'Alice avec la cuisine se tisse dès son enfance. "La 'bouffe' est essentielle pour moi. J'ai grandi en voyant mon père faire ses courses au marché, un ritualité qui me fascinait. Sa passion pour la qualité des ingrédients me donnait envie d'explorer ces produits et de les transformer en plats savoureux," confie-t-elle.
Un parcours entre Paris et la mode
La vie d'Alice prend une dimension nouvelle lorsque sa famille s'installe à Paris lors des week-ends. "J'étais impressionnée par la ville et ses opportunités. Les sorties au cinéma, les expositions, et surtout la multitude de restaurants me semblaient incroyables. Je savais que ma vie devait se construire ici," se remémore-t-elle. À 15 ans, elle entre dans le monde du mannequinat, enchaînant les castings et les voyages vers la capitale, une expérience qu’elle trouve exaltante, entourée de personnes créatives.
À 18 ans, après avoir obtenu son bac, elle déménage à Paris et décide d’allier son travail de mannequin à sa passion pour la cuisine. Elle s'inscrit à l'École Estienne pour étudier les arts appliqués, avant de rejoindre Sciences Po, où elle se spécialise en communication visuelle, développant une passion pour l’iconographie culinaire.
Une révélation durant le confinement
Tout bascule le 17 mars 2020, lorsqu'un confinement est imposé. Pour Alice, habituée à un rythme effréné, ce vide est une angoisse. Mais elle décide de se replonger dans la cuisine, sans pression. "Cuisiner devient pour moi une échappatoire. J'essaie, je rate, puis je réussis. Je découvre comment faire des pâtes, du pain au levain et plus encore," raconte-t-elle, le sourire aux lèvres.
Ses créations, aux couleurs pastel, inondent rapidement son compte Instagram, et les abonnés affluent. Les recettes inspirées de son enfance et de ses voyages, notamment à Los Angeles, captivent un public grandissant.
C'est alors que Paul-Henry Bizon, ancien rédacteur en chef du Fooding, lui propose de collaborer sur un livre de recettes. Un projet qui l’emballe bien qu’elle hésite à se revendiquer en tant que cheffe. "Les plats de mon enfance, comme les beignets d'acacia de ma grand-mère, méritent d'être partagés," déclare-t-elle. Actuellement en dernière année de master, Alice continue de poser pour des marques tout en rêvant de donner une nouvelle vie à la guinguette familiale.
Au pays d'Alice, d'Alice Moireau et Paul-Henry Bizon, Éd. La Martinière, 160 pages, 19,90€.






