Trop grasse, trop épicée ? Les préjugés sur la cuisine africaine persistent. Mais qu’en est-il vraiment ? Éclairages de la chef Anto Cocagne.
Longtemps méconnue, la cuisine africaine connaît un nouvel essor, portée par la cuisine de rue et l'afrofusion. Pourtant, la diversité culinaire de ce continent demeure largement sous-estimée. Des clichés persistants, comme l'idée qu'elle serait trop grasse ou épicée, doivent être déconstruits. Anto Cocagne, chef à domicile et directrice artistique du magazine Afro Cooking, s'attache à réinventer ce savoir-faire tout en respectant ses traditions. Lors du WeEatAfrica Festival, elle explore ces idées reçues.
Mythes et réalités de la cuisine africaine
Une cuisine trop grasse ? Anto Cocagne affirme que la perception de la cuisine africaine comme étant plus grasse que d'autres est infondée. "Tout comme la cuisine méditerranéenne, nous utilisons différentes matières grasses, souvent bénéfiques. Par exemple, l'huile de palme non raffinée est riche en vitamine A, offrant une alternative saine à de nombreuses huiles raffinées. La présentation des plats peut également tromper : en France, les sauces sont émulsionnées, rendant le gras moins apparent aux yeux des consommateurs."
- Une variété souvent ignorée : L'Afrique, avec ses 54 pays, présente une richesse culinaire impressionnante, influencée par l'histoire et les migrations des peuples. Des plats comme le mafé peuvent varier considérablement d’une région à l’autre.
- Les épices ne piègent pas : Les épices améliorent le goût, et beaucoup confondent épicé avec piquant. En réalité, les recettes ne sont pas systématiquement pimentées – le piment est souvent servi à côté, permettant à chacun de doser à sa façon.
Un monde de saveurs inattendues
Des restaurants africains coûteux ? Si la fraîcheur des ingrédients joue un rôle, le coût peut être élevé, surtout lorsque les plats comme le thiéboudiène nécessitent des produits frais variés, tels que poisson et légumes. Plus le menu est varié, plus il y a de chances que certains plats soient préparés avec des produits congelés.
Des présentations négligées ? Alors que beaucoup de chefs africains souhaitent préserver les recettes traditionnelles, la nouvelle génération s’efforce de rehausser la présentation, s'inspirant des tendances culinaires modernes. Cette approche évolutive annonce le potentiel d'une cuisine africaine plus raffinée.
Des ingrédients de qualité
« Quand on parle de nourriture en Afrique, on évoque souvent le bio. Nos ingrédients ne sont pas industrialisés et suivent le rythme des saisons. Les saveurs authentiques de nos fruits et légumes sont incomparables à celles que l’on peut trouver ailleurs. » affirme Anto.
(1) Le festival WeEatAfrica, organisé par Anto Cocagne et d'autres chefs, se tiendra le 7 juillet, une occasion unique de plonger dans la richesse culinaire de 12 pays. Réservez pour découvrir les merveilles de la gastronomie africaine.






