Imaginez un monde où les médecins remplacent les médicaments par des fruits et légumes. Cette idée, qui peut sembler saugrenue, pourrait bien devenir une réalité aux États-Unis en réponse à l'épidémie de maladies cardiovasculaires qui touche de nombreux Américains.
Une recherche récente a démontré que la prescription de fruits et légumes améliore significativement la santé et la qualité de vie des patients souffrant de problèmes cardiaques. Réalisée aux États-Unis, cette étude vise à convaincre les acteurs de la santé publique américaine des bienfaits d'une telle approche. Les résultats préliminaires sont encourageants, et les chercheurs envisagent de poursuivre les investigations pour approfondir leurs découvertes.
Une étude révolutionnaire sur les prescriptions alimentaires
En 2017, l'American Heart Association exposait, lors d'une conférence à Portland (Oregon), les conséquences alarmantes de la mauvaise alimentation aux États-Unis. En effet, une alimentation déséquilibrée, souvent riche en graisses et en sel, est à l'origine de 400 000 décès annuels sur le sol américain. À cette époque, le professeur Ashkan Afshin de l'Université de Washington soulignait que réduire la consommation d'aliments nuisibles au profit de produits sains comme les fruits et légumes pourrait sauver des milliers de vies.
Suite à ces révélations, des chercheurs du George Institute for Global Health (Australie) et de la Friedman School of Nutrition Science & Policy de l'Université Tufts (Massachusetts) se sont penchés sur l'efficacité des prescriptions alimentaires comme traitement médical. Ils ont évalué treize programmes de prescription d'aliments sains, dont les résultats ont été publiés le 17 mai 2021.
Résultats prometteurs déjà visibles
Les premiers résultats montrent que les patients consommateurs de régimes alimentaires sains prescrits ont enregistré une augmentation de leur bien-être, ainsi qu'une amélioration de leur poids et de leur taux de glycémie. Selon Jason Wu, responsable du programme, "les effets des prescriptions diététiques sur la glycémie se comparent à l'efficacité de certains médicaments hypoglycémiants conventionnels. Cela renforce la théorie selon laquelle les aliments peuvent également agir comme des médicaments".
Parmi les participants à l'étude, près de la moitié se retrouvaient en situation d'insécurité alimentaire, tandis que les trois quarts souffraient de problèmes tels que le surpoids, l'obésité, l'hypertension ou le diabète de type 2. Le Dr Bhat, co-auteur de l'étude, a précisé : "L'augmentation de la consommation de produits frais comme les fruits et légumes pourrait avoir un impact majeur sur la santé des populations les plus vulnérables". Toutefois, avant de mettre en place un programme généralisé, les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les recherches.







