La cantine ? Un souvenir amer pour beaucoup. Ambassadeur du bien-manger, le chef Olivier Roellinger propose une nouvelle approche pour une restauration scolaire savoureuse, bénéfique pour la santé des enfants et de notre planète.
Le chef Olivier Roellinger ne cesse d'avancer. Bien qu'il ait passé le flambeau à son fils Hugo dans ses restaurants à Cancale, il reste actif en tant que défenseur du bien-manger. Ses impositions en faveur d'une alimentation saine s'inscrivent dans des enjeux sociétaux cruciaux. Lors d'une apparition au Salon du livre gourmand de Périgueux, il a orchestré un banquet avec l'association Les Pieds dans le plat et des employés de la cantine locale, montrant ainsi que la qualité peut s'intégrer à la restauration collective.
Il promeut également le livre blanc de la Fondation de l'Académie de médecine, Alimentation aujourd'hui et demain. En tant que parrain de l'ouvrage, il parcourt la France, rencontrant agriculteurs et enfants dans les cantines. Dans une interview pour le New York Times, il a déclaré que « chacun a sa place à table comme en cuisine » en affirmant son ancrage dans la culture culinaire française.
Un combat pour une cantine fait maison
Madame Figaro. – Pourquoi vous engager dans un combat en faveur d'une cantine « faite maison » ?
Olivier Roellinger. – En tant qu'ancien pensionnaire, je sais trop bien quel goût peuvent avoir les repas de cantine. J'ai réalisé qu'il était possible d'améliorer la qualité en collaborant avec de grandes entreprises. Avec Michel Bras, il y a plus de quinze ans, nous avons tenté de convaincre Sodexo d'améliorer les repas. Malgré des échanges fructueux, nos recommandations n'ont pas été appliquées. J'en suis venu à croire que seule une cuisine maison peut garantir des repas sains. Les municipalités doivent reprendre leurs cantines.
Encourager les circuits courts
Le bio en cantine est l'un de vos combats, n'est-ce pas ?
Choisir des produits bio en circuit court, c'est respecter la nature. Le bio soutient des agriculteurs qui défendent des valeurs. C'est une réponse aux enjeux environnementaux et sociétaux. Malheureusement, les enfants reçoivent souvent la même nourriture industrielle, peu respectueuse de notre patrimoine culinaire. Nous devons remédier à cela pour éviter une crise sanitaire et culturelle.
Pensez-vous à ceux qui travaillent dans les cantines ?
En recourant à des cuisines centrales, les employés de cantines se voient réduits à réchauffer des plats insipides. Cuisiner leur redonne un sens à leur travail. Ils contribuent à l'éducation alimentaire des enfants, et cela crée une dynamique positive.
Des enfants comme ambassadeurs
Les enfants peuvent-ils influencer leurs parents ?
Il est indéniable que deux générations ont négligé l'éducation alimentaire. Les enfants, en partageant leur expérience avec de bons repas à la cantine, peuvent inspirer leurs parents à opter pour une alimentation plus saine. Cette question de santé publique est urgente, car la malbouffe coute aujourd'hui cher à la société, engendrant obésité, problèmes cardiovasculaires, et autres maladies. Nous devons prendre conscience de l'importance d'une alimentation saine, qui doit aussi être synonyme de plaisir. En France, la table est un lieu de partage et de concorde, exploitons-le pour protéger notre planète.







