À cinq jours de son 84e anniversaire, Monsieur Paul parle de cuisine et d’avenir
À l'approche de ses 84 ans, le célèbre chef lyonnais Paul Bocuse jette un regard sur la gastronomie et retrace son propre parcours. Dans son restaurant de Collonges-au-Mont-d'Or, il demeure une figure emblématique, sa stature imposante et sa toque distinctive le transformant en un véritable symbole de la cuisine française. Cet homme, véritable témoin de l'histoire, évoque avec une subtilité touchante ses espoirs et ses nostalgies.
Un regard sur la cuisine moderne
Lors de l'entretien, Paul Bocuse confie qu'il ressent parfois une certaine lassitude. Malgré un parcours éblouissant, il semble sceptique face à l'avenir. Comment va-t-il ? Depuis sa récente opération du cœur, il aborde la vie différemment, sa vision teintée d'une anxiété plus accrue. Cependant, dès qu'il s'agit de projets futurs, son enthousiasme reprend le dessus : une guinguette près de la Saône, où il souhaite réjouir les gourmands avec du saucisson chaud et du fromage blanc, évoque un avenir coloré.
Les jeunes chefs à l'honneur
Interrogé sur les jeunes talents de la cuisine, il les trouve confrontés à plus de défis que sa génération. "Nous avions la belle vie", commente-t-il avec une note de nostalgie. Il partage son affection pour deux jeunes chefs, Christophe Roure et Jean Sulpice, témoignant de sa passion pour la transmission de savoirs culinaires.
La simplicité, un ingrédient essentiel
Quant à la cuisine, Paul Bocuse prône la simplicité et l'authenticité : "Un plat unique comme un pot-au-feu, accompagné d'une bonne bouteille et de quelques amis, c'est cela le vrai bonheur." Cette approche du bonheur se retrouve également dans sa vision du métier de cuisinier, qu'il considère avant tout comme un artisanat. Face aux préoccupations contemporaines, telles que le mouvement locavore, il rappelle que même au cœur de la nature, la simplicité reste le fil conducteur de son art culinaire.
Son dernier dressement sur la cuisine moléculaire témoigne d'une légèreté amusée : "On en a beaucoup parlé", signe qu'il reste honorablement ancré dans une approche qui valorise la tradition culinaire.







