Les pots de moutarde commencent à réapparaître dans les rayons de nos supermarchés, mais la situation reste délicate. Quand retrouverons-nous une disponibilité totale ? Quelles en sont les raisons ? Nous vous éclairons.
Amélioration progressive de la situation
La reprise de l'approvisionnement en moutarde s'explique par l'engagement des agriculteurs français. Ceux-ci ont réussi à doubler et à relocaliser leur production, récoltant ainsi 2 000 tonnes de graines supplémentaires au début de l'été. Le président de l'Association moutarde de Bourgogne, Luc Vandermaesen, a évoqué cette dynamique dès septembre 2022, tout en soulignant que la pénurie n'était pas encore terminée.
Origines de la pénurie
Cette crise de moutarde découle essentiellement d'une grave sécheresse au Canada, qui représente 80 % des approvisionnements français. En 2021, près de la moitié des récoltes ont été perdues. De plus, les agriculteurs français ont fait face à des conditions climatiques extrêmes, telles que des gels printaniers et des attaques d'insectes. En revanche, la France se distingue par sa consommation élevée de moutarde de Dijon, ce qui n'est pas le cas dans d'autres pays européens comme l'Espagne ou l'Italie, où la disponibilité est restée meilleure.
Vers un retour à la normale ?
Initialement, certains anticipaient un rétablissement complet d'ici 2024, mais selon les experts, la situation pourrait s'améliorer dès janvier 2023. Malgré une bonne production française, celle-ci ne couvre qu'environ 20 % des besoins en graines. Toutefois, le coût de production pourrait également augmenter en raison de la hausse des prix de l'énergie et des matières premières.
La récolte internationale de graines, prévue pour la fin de l'année, sera cruciale pour analyser l'évolution des prix. En effet, la concurrence serait bénéfique, notamment si des agriculteurs ukrainiens avaient pu participer à l'appareil de production. La complexité du marché et les enjeux géopolitiques actuels feront partie des facteurs à surveiller pour les mois à venir.






