Adopter la règle des 3 V permet d'améliorer notre santé tout en œuvrant pour la protection de l'environnement. Deux spécialistes nous éclairent sur cette approche alimentaire.
L'impact de nos choix alimentaires sur la planète et notre santé est indéniable. En effet, notre consommation d'aliments se traduit par un effet environnemental considérable, notamment à travers la production et le gaspillage. Une étude alarmante prévoit qu’en 2030, près de la moitié de la population mondiale pourrait souffrir d'obésité ou de surpoids, augmentant ainsi les risques de maladies graves telles que le diabète et les troubles cardiovasculaires, indique Émilie Steinbach, neuroscientifique et Docteure en Biologie Intégrative.
Face à ce constat, la Commission EAT-Lancet a été mise sur pied pour examiner la possibilité d'une alimentation saine pour une population mondiale de 10 milliards, sans dépasser les limites écologiques. Leur réponse : un régime alimentaire planétaire. Pour appliquer ces conseils, la règle des 3 V, élaborée par Anthony Fardet et Edmond Rock, propose de manger «vrai, végétal et varié».
Manger vrai
Manger «vrai» signifie limiter nos apports en aliments ultra-transformés, souvent enrichis d’additifs et de sucres. Selon Anthony Fardet, ces produits, dépourvus de nutriments essentiels, sont souvent très nocifs pour notre santé. De plus, la plupart des études montrent une corrélation entre leur consommation excessive et l'apparition de maladies chroniques. Fardet recommande de se limiter à un ou deux de ces produits par jour.
Pour une alimentation plus authentique, il est conseillé de privilégier les aliments solides plutôt que liquides afin de favoriser la satiété, ou d’opter pour des féculents complets. Enfin, il est essentiel de ne pas excéder dans l'utilisation de sel, de sucre et de matières grasses lors de la préparation des repas.
Manger végétal
La réduction de la consommation de produits d'origine animale est également cruciale pour la planète. Végétaliser notre alimentation diminue considérablement les émissions de gaz à effet de serre et notre empreinte écologique, souligne Fardet. À titre d'exemple, la production d'un kilo de viande de bœuf équivaut à 99 kilos de CO₂, tandis qu'un kilo de légumineuses n'en représente qu'un.
Sur le plan de la santé, intégrer des aliments végétaux dans notre alimentation contribue à abaisser le risque de nombreuses maladies. La recherche a en effet prouvé que les régimes riches en fruits, légumes et céréales complètes favorisent la longévité et réduisent les maladies neurodégénératives.
Manger varié
La dernière composante de la règle des 3 V est la diversité alimentaire. La FAO note qu’à l’échelle mondiale, seulement 12 variétés d’aliments fournissent plus de 50 % des calories consommées. Pourtant, la biodiversité est essentielle pour notre santé et notre environnement. Diversifier notre régime permet également de nourrir notre microbiote, améliorant ainsi notre bien-être général.
Les experts recommandent de varier les aliments tout au long de la semaine, avec pour objectif de consommer entre 35 et 40 produits différents. Par exemple, dans le groupe des céréales, on peut combiner le blé complet, le riz complet et le maïs. Ce faisant, nous garantissons un apport diversifié en nutriments essentiels, tout en privilégiant des produits locaux et de saison.
Les fondamentaux de la règle des 3 V ne visent pas seulement notre santé individuelle mais également celle de la planète, nous aidant à construire un avenir durable.







